Cette boisson inventée par les Dieux ayant
pour précurseur le grand Dyonisos, a toujours été
le compagnon des bonnes tables, sans toutefois en abuser, car comme
tout le monde le sait, sa consommation avec modération reste
la clé du plaisir.
C’est ainsi, que lors de notre circuit en Alsace,
nous avons emprunté la jolie route des vins.
Tout
a commencé en fait, par un petit restaurant chaleureux et sympathique
à Strasbourg, dans ce charmant quartier de la Petite France,
et qui s’appelle le LOHKÄS, non seulement on y déjeune fort
bien mais en plus on vous proposera une excellente carte des vins. Et
voilà comment nous allons faire connaissance avec le RIESLING
KAEFFERKOPF. Riesling, vous connaissez, nous direz-vous ! Mais
celui-là… nous a fortement surpris par sa qualité et son
goût si particulier.
Et nous voilà donc, amoureux d’un vin à
la belle robe d’or et partis à la conquête du petit village
d’Ammerschwihr, pour y admirer de plus prés les coteaux du Kaefferkopf
et faire connaissance avec les vignerons, propriétaires du Domaine
de la Sinne et producteurs de ce fameux Riesling. Frédéric
et Christophe qui suivent les traces de leur père, donnent chaque
année le meilleur d’eux-mêmes et sont fiers de leur production.
Nous
serons ainsi, invité à une dégustation et pourront
visiter la cave où de grands fûts de chênes, de différentes
tailles sont bien alignés et prêts à recevoir la
nouvelle cuvée. Il existe dans cette région plusieurs
cepages : le Riesling, le Guewurstraminer, le Pinot Noir, le Tokay.
Ces différents vignobles ne produisant pas la même quantité
de vin, on utilise alors des barriques adaptées pour chaque production.
Dans cette profession, le travail ne s’arrête
jamais pendant l’année, surtout lorsqu’il s’agit d’une petite
exploitation de 5 artisans du vin. Après que le raisin a été
vendangé, on prépare la taille grossière des rameaux.
Ce travail est la plupart du temps manuel puisque l’on doit préformer
l’ossature de la future vigne, et quand on voit la longueur des rands
de pieds de vigne, quel travail ! ! Quand vient le printemps,
on retourne la terre au pied et dans les allées, entre les vignes,
ensuite, lorsque les bourgeons commencent à se former, on place
des
rameaux sur les tuteurs pour donner la forme définitive de l’ensemble.
Lorsque la végétation s’est bien développée,
le vigneron sélectionne les " grappillons "
qui seront conservés et suppriment les " gourmands ",
qui empêcheraient la bonne croissance des grappes de raisin. Il
faut être très vigilant sur ces choix et une bonne préparation
conditionne la récolte à venir. D’autant que nos deux
frères ont choisi, depuis déjà plus de 3 ans, la
méthode biologique. C’est peut-être pour cela que leur
vin a un goût si particulier.
Comme on le sait, les vendanges donnent lieu aussi,
a de grandes réjouissances dans tous les villages et la date
d’ouverture de la cueillette est imposée. Ensuite c’est selon
chaque viticulteur, que telle ou telle parcelle est récoltée.
Et comme cela est dur, on le voit dans les vignes, où malgré
un travail souvent pénible, car toujours plus ou moins courbé,
on garde toujours le sourire et le sens de l’humour vis à vis
des débutants, mais quel plaisir quand on rentre le soir et que
le pressoir donne ce merveilleux nectar à l’arôme doux
et chaleureux comme le microclimat qui règne sur ses coteaux.
Bien
que l’on ne voit plus chez les jeunes vignerons, d’anciens pressoirs
à main, qui ne sont souvent là que pour être exposés
dans un bâtiment voisin, pour leur rappeler les temps anciens,
où il faillait serrer à la main, la grosse vis, il faut
reconnaître que les techniques ont bien évoluées
et que le raisin est aujourd’hui bien mieux pressé, avec un meilleur
rendement et une meilleure qualité, car leur pressoir pneumatique
peut se régler très facilement, en fonction de la maturité
du raisin.
Puis
vient le temps des assemblages pour obtenir un vin, que seul le maître
de chais est capable d’obtenir. Sur ce sujet, peu de précision,
chacun gardant jalousement ses secrets de fabrication. Vient ensuite
le temps de la macération, le vin nouveau est suivi dans son
évolution, on soutire les impuretés, on prépare
les barriques qui ont servi pour la dernière récolte et
qui ont été bien lavées et c’est dans ces dernières,
que le vin finira de vieillir tranquillement, dans sa cave bien fraîche,
avant d’être mis dans son costume de dégustation, prêt
à défiler sur nos tables et là, tous les arômes
s’offriront à vous.
Nous remercions Frédéric et Christophe
de nous avoir ouvert les portes de leur cave.